Suspension

Il y a quelques années, je participai à un « office » dans la salle sphérique du Parc d’Étude et de Réflexion d’Attigliano, au nord de Rome, avec de nombreux amis. Cette expérience simple de connexion avec l’energie qui circule en soi, effectuée les yeux fermés, en mettant beaucoup d’affection et en laissant la sensation d’une sphère s’étendre depuis le centre de la poitrine jusqu’à l’extérieur du corps, produit une amplification de l’energie qui se met à « picoter » partout. En laissant cette expansion se produire, puis en concentrant le mental sur ce que l’on sent avoir réellement besoin, une conscience claire, une affection et un tonus très positifs se produisent, comme disposition pour la vie quotidienne, accompagnés d’une élévation de l’attention. Or, cette fois, lorsque j’ai réouvert les yeux, pendant un temps indéfinissable, « je » n’étais plus là. Un autre « je » regardait, voyait les personnes dans la salle, mais le temps était « suspendu ». Ma mémoire était suspendue. Ma sensation était suspendue. « Moi » avait bel et bien disparu !

Quelqu’un prit la parole et « je » sentis alors que « je » revenais à une perception normale. Je restais un long moment à comparer ces deux états. Il restait dans ma mémoire l’expérience d’une clarté, d’une pureté, d’un calme subtils et infinis. Ceci eût de nombreuses conséquences dans ma vie – que je ne vais pas détailler ici. Je comprendrais des années plus tard le sens et les mécanismes psychologiques de cette expérience, en étudiant les Notes de Psychologie de Silo et d’autres expériences faites avec Le Message.

Tout ce contexte est pour vous dire que Suspension, le 4e titre de la Danza De Las Esferas – 5e titre sur l’album – est un thème musical qui est né de ce souvenir, tout d’abord en 2003, dans une composition que j’avais alors nommé Ok pour partir, en remerciement au film Contact. Ce film contient en effet une scène allégorique puissante qui décrit l’état intérieur de la suspension du moi, depuis laquelle on peut parvenir aux Espaces Sacrés dans la profondeur de la conscience. Pour News Of The Inner World, j’ai refondé ce thème en en changeant le rythme et les instruments principaux.

La harpe de Roxane MARTIN pose et amplifie l’espace dans une série d’accords qu’elle laisse résonner. Djamel TAOUACHT fait alors vibrer ses drums, introduisant un rythme qui va aider les danseurs à élever leur énergie. Les notes de la flûte de Karine PORCIERO donnent ensuite la direction : tout va vers les aigüs. Puis, Fernando ALVAREZ au hautbois jour une mélodie qui semble provenir du coeur, un coeur qui se prépare à faire un « grand saut ». Les quatre bois font alors sonner l’élévation sans retour, jusqu’à la « suspension » que suggère le coup de gong final. L’orchestre Symhonifilm va bientôt rajouter les cordes et les cors qui habillent Suspension, dont vous pouvez écouter la maquette pendant toute cette semaine sur ce lien.